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6 choses que vous ne saviez peut-être pas sur la Tour de Crest

6 choses que vous ne saviez peut-être pas sur la Tour de Crest

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Publié le 17 juillet 2026 à 09h39 - 543 vues
par Pauline Couloud
5 min
© Tour de Crest

Vous pensez connaître la Tour de Crest ? Pourtant, même si vous l’avez déjà visitée ou simplement admirée depuis la vallée, certains détails de son histoire passent souvent inaperçus.

Car derrière ses 52 mètres de hauteur se cachent des anecdotes étonnantes, des choix architecturaux inattendus et quelques personnages célèbres. Avant votre prochaine montée au sommet, voici 6 choses que vous ne saviez peut-être pas sur l’un des monuments les plus emblématiques de la Drôme.

1. La Tour de Crest n’est pas vraiment une tour

C’est sans doute l’information la plus surprenante. Quand vous regardez la Tour de Crest aujourd’hui, vous avez l’impression de voir un bâtiment unique. En réalité, le monument que nous connaissons est le dernier vestige d’un vaste ensemble fortifié construit entre le XIIe et le XIVe siècle.

À l’époque, plusieurs seigneurs se partageaient le site. Chacun possédait sa propre partie de la forteresse : la tour Vieille, la tour Neuve, la tour du Croton ou encore un immense mur-bouclier chargé de protéger le château.

Au fil des siècles, la plupart de ces constructions ont disparu. La tour principale, elle, est restée debout.

Autrement dit, ce que l’on appelle aujourd’hui « la Tour de Crest » n’est qu’une partie d’une forteresse beaucoup plus vaste qui dominait autrefois toute la ville.

2. Son entrée se trouvait à plus de 13 mètres du sol

Aujourd’hui, l’accès à la tour est plutôt simple. Au Moyen Âge, c’était une autre histoire.

L’entrée de la tour Vieille se situait à environ 13 mètres au-dessus du sol. Pour y accéder, il fallait emprunter une échelle, un escalier en bois ou une passerelle amovible. En cas d’attaque, les défenseurs n’avaient qu’à retirer cet accès.

Les assaillants se retrouvaient alors face à un mur presque impossible à franchir, tandis que les archers surveillaient les alentours depuis les hauteurs. Les entrées surélevées existaient ailleurs, mais celle de Crest impressionne encore aujourd’hui par sa hauteur.

© Tour de Crest

3. Son toit a été construit à l’envers

Parmi les curiosités de la Tour de Crest, celle-ci mérite une place à part. Au XIVe siècle, les occupants doivent trouver un moyen de stocker suffisamment d’eau pour tenir en cas de siège. Impossible, dans ces moments-là, d’aller remplir des seaux à l’extérieur des remparts.

Les bâtisseurs imaginent alors une solution étonnante : une toiture à pente inversée. Au lieu de rejeter l’eau vers l’extérieur, le toit la dirige vers le centre du bâtiment. L’eau de pluie est ensuite récupérée dans une citerne.

Une idée simple mais redoutablement efficace, qui permettait de disposer d’une réserve précieuse lorsque la forteresse était isolée. Plus de six siècles plus tard, ce système continue de surprendre les visiteurs.

4. Le château a disparu, mais la tour a survécu à Louis XIII

Si vous aviez visité Crest au début du XVIIe siècle, vous n’auriez pas vu uniquement la tour. Elle faisait alors partie d’une vaste citadelle composée de remparts, de bâtiments résidentiels et de plusieurs ouvrages défensifs.

Mais en 1632, Louis XIII ordonne le démantèlement de nombreuses places fortes du royaume. La citadelle de Crest n’échappe pas à cette décision. Une grande partie du château est détruite ou abandonnée. La tour principale, en revanche, est conservée. Son utilisation comme prison a probablement joué en sa faveur, tout comme le coût important qu’aurait représenté sa destruction.

Sans cette décision, la silhouette que vous apercevez aujourd’hui depuis la vallée aurait peut-être disparu depuis longtemps.

5. Les prisonniers ont laissé leurs messages sur les murs

Pendant près de trois siècles, la Tour de Crest a servi de prison. Des protestants, des prisonniers politiques, des opposants au pouvoir ou encore des insurgés arrêtés après le coup d’État de 1851 y ont été enfermés.

Pour passer le temps, laisser une trace de leur passage ou simplement affirmer leur existence, beaucoup ont gravé des inscriptions directement dans la pierre. Vous pouvez encore observer aujourd’hui des noms, des dates, des croix, des dessins ou des messages personnels. Certains sont très simples. D’autres sont étonnamment élaborés.

Lors de la visite, ces graffiti attirent souvent l’attention. Ils rappellent que derrière les murs de la tour se cachent aussi des centaines d’histoires individuelles.

© Tour de Crest

6. Diane de Poitiers, César Borgia et les Grimaldi sont passés par Crest

La Tour de Crest a également croisé la route de quelques grands noms de l’histoire. Au début du XVIe siècle, la seigneurie de Crest passe notamment entre les mains de César Borgia, fils du pape Alexandre VI.

Quelques décennies plus tard, elle est associée à Diane de Poitiers, favorite du roi Henri II.

Plus inattendu encore : la famille Grimaldi, qui règne aujourd’hui sur Monaco, a également possédé des droits sur la seigneurie de Crest.

Un lien surprenant qui rappelle que cette petite ville drômoise était autrefois connectée à des familles parmi les plus influentes d’Europe. La prochaine fois que vous passerez au pied de la Tour de Crest, vous la regarderez peut-être autrement. Derrière ses murs se cachent des siècles d’histoire, mais aussi une foule de détails que l’on ne remarque pas toujours au premier coup d’œil.

Un commentaire sur “6 choses que vous ne saviez peut-être pas sur la Tour de Crest”

  • Monique Rabatel

    Merci pour l’histoire de la Tour
    Je suis née au pied de la tour

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